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Comment obtenir la résiliation d’un bail d’habitation et l’expulsion du locataire ?
Droit immobilier

Comment obtenir la résiliation d’un bail d’habitation et l’expulsion du locataire ?

Commandement de payer, saisine du juge puis expulsion : les étapes à respecter pour obtenir la résiliation d’un bail d’habitation.

Publié le 
7/30/2026
Mis à jour le 
7/30/2026
Durée de lecture : 
6
min

Comment obtenir la résiliation d’un bail d’habitation et l’expulsion du locataire ?

Le non-paiement des loyers constitue le motif le plus fréquent de résiliation d’un bail d’habitation. La résiliation peut également être demandée en cas de défaut d’assurance, de troubles de voisinage répétés ou, plus généralement, de manquement grave du locataire à ses obligations.

Le propriétaire ne peut cependant pas reprendre lui-même le logement ni changer les serrures. Il doit obtenir une décision de justice, puis faire exécuter celle-ci par un commissaire de justice.

Dans quels cas un bail d’habitation peut-il être résilié ?

Le bail peut notamment être résilié lorsque le locataire :

  • ne règle plus ses loyers ou ses charges ;
  • ne verse pas le dépôt de garantie ;
  • ne justifie pas d’une assurance contre les risques locatifs ;
  • cause des troubles graves ou répétés au voisinage ;
  • dégrade le logement ;
  • ne respecte pas la destination prévue par le contrat.

La procédure dépend du manquement reproché et des clauses figurant dans le bail.

La clause résolutoire en cas de loyers impayés

Tout bail d’habitation contient désormais une clause prévoyant sa résiliation de plein droit en cas de non-paiement du loyer, des charges ou du dépôt de garantie.

Le propriétaire doit d’abord faire délivrer au locataire un commandement de payer par un commissaire de justice. Cet acte doit notamment préciser :

  • le montant du loyer et des charges ;
  • le détail de la dette ;
  • le délai laissé au locataire pour régulariser ;
  • les conséquences d’un défaut de paiement ;
  • les dispositifs d’aide auxquels le locataire peut avoir recours.

Depuis le 29 juillet 2023, la clause résolutoire peut produire ses effets six semaines après la délivrance d’un commandement de payer demeuré infructueux. Le contenu de cet acte doit être particulièrement rigoureux, une irrégularité pouvant compromettre la procédure. Cette règle résulte de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989.

Lorsque le bail est garanti par une caution, le commandement doit également lui être signifié dans les quinze jours. À défaut, la caution ne pourra pas être tenue au paiement des pénalités ou intérêts de retard.

La saisine du juge des contentieux de la protection

Si la dette n’est pas réglée dans le délai de six semaines, le bailleur peut faire assigner le locataire devant le juge des contentieux de la protection.

Il peut demander au tribunal :

  • de constater l’acquisition de la clause résolutoire ;
  • d’ordonner l’expulsion du locataire et de tous les occupants de son chef ;
  • de condamner le locataire au paiement de l’arriéré ;
  • de fixer une indemnité d’occupation jusqu’à la restitution effective du logement ;
  • de condamner le locataire aux dépens et à une partie des frais d’avocat.

L’assignation doit être transmise au préfet par le commissaire de justice au moins six semaines avant l’audience. Cette formalité est obligatoire.

Le locataire peut-il obtenir des délais de paiement ?

Oui. Le juge peut accorder des délais pouvant atteindre trois ans lorsque le locataire est en mesure de régler sa dette et a repris le paiement intégral du loyer courant avant l’audience.

Le juge peut alors suspendre les effets de la clause résolutoire. Si l’échéancier est entièrement respecté, la résiliation est réputée ne pas avoir produit ses effets. En revanche, le premier incident de paiement peut permettre au bailleur de reprendre la procédure d’expulsion.

Le propriétaire doit donc présenter au tribunal un décompte actualisé et signaler tout nouvel impayé.

La résiliation judiciaire pour manquement grave

Lorsque le bail ne contient pas de clause adaptée ou lorsque le manquement est d’une autre nature, le propriétaire peut demander la résiliation judiciaire du bail.

Cette procédure est notamment utilisée en présence :

  • de troubles graves et répétés du voisinage ;
  • de dégradations importantes ;
  • d’une sous-location interdite ;
  • d’un usage du logement contraire au bail ;
  • d’un défaut persistant d’assurance.

Le juge apprécie alors la gravité des faits. Le bailleur doit produire des preuves suffisamment précises : mises en demeure, constats de commissaire de justice, plaintes, attestations, courriers du syndic ou photographies.

Que se passe-t-il après le jugement ?

Lorsque la résiliation et l’expulsion sont prononcées, le jugement doit être signifié au locataire.

Un commissaire de justice lui délivre ensuite un commandement de quitter les lieux. En principe, l’expulsion ne peut intervenir qu’à l’expiration d’un délai de deux mois suivant cet acte, sauf réduction ou suppression de ce délai par le juge dans certaines situations.

Si le locataire reste dans les lieux, le commissaire de justice peut solliciter le concours de la force publique. L’expulsion matérielle ne peut être réalisée que par ce professionnel.

La trêve hivernale, qui court en principe du 1er novembre au 31 mars, empêche temporairement l’expulsion effective dans la plupart des logements. Elle n’interdit toutefois ni d’engager la procédure ni d’obtenir un jugement.

Pourquoi être accompagné par un avocat ?

Les procédures d’expulsion sont très formalistes. Une erreur dans le commandement, l’assignation, le décompte ou les notifications obligatoires peut entraîner un retard important, voire l’irrecevabilité de la demande.

L’intervention d’un avocat permet notamment de :

  • vérifier le bail et la clause résolutoire ;
  • contrôler le décompte de la dette ;
  • coordonner les actes du commissaire de justice ;
  • préparer l’assignation ;
  • représenter le bailleur devant le tribunal ;
  • suivre l’exécution du jugement et le recouvrement des sommes dues.

Besoin d’engager une procédure contre un locataire ?

Le cabinet assiste les propriétaires bailleurs dans les procédures de résiliation du bail, d’expulsion et de recouvrement des loyers impayés à Paris et en Île-de-France.

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